Consommation d'un lave-linge séchant : le coût par cycle
2 octobre 2026 7 min de lecture
Deux lave-linge séchants alignés dans le même rayon affichent 47 et 265 kWh pour 100 cycles. Aucun des deux ne se trompe, et le second n’est pas cinq fois plus gourmand que le premier. Les deux chiffres ne mesurent pas la même chose : l’un porte sur un cycle de lavage, l’autre sur un lavage suivi d’un séchage.
L’écart entre les deux valeurs, 2,18 kWh par cycle, c’est le séchage. Il pèse près de cinq fois le lavage qui le précède. Sur une facture d’électricité, le lave-linge séchant se résume à ce chiffre-là et à l’heure de la journée où il tombe.
L’étiquette d’une lavante-séchante porte deux consommations
Le règlement (UE) 2019/2014 encadre l’étiquetage énergétique des lave-linge et des lave-linge séchants ménagers. Pour un appareil combiné, il impose une étiquette coupée en deux colonnes. La gauche décrit le cycle complet, laver puis sécher. La droite décrit le lavage seul.
Chaque colonne porte le même jeu d’informations : une classe de A à G, une consommation en kilowattheures pour 100 cycles, une durée de programme, une capacité nominale. Deux classes, deux consommations, deux capacités, sur une seule machine. Un fabricant qui remplit une fiche produit choisit la colonne qu’il met en avant, et le catalogue qui recopie cette fiche hérite du choix sans le signaler.
Comparer deux machines suppose de lire la même colonne
Sur 27 lavantes-séchantes relevées, 25 publient une consommation. 23 d’entre elles annoncent une valeur comprise entre 35 et 77 kWh pour 100 cycles, deux annoncent 265 et 266. Ces deux-là ne consomment pas cinq fois plus que les autres : elles publient leur colonne de gauche quand les autres publient leur colonne de droite.
D’où la précaution avant de rapprocher deux machines : vérifier laquelle des deux consommations le catalogue affiche. Un comparatif de 27 lavantes-séchantes range les lave-linge séchants les mieux notés et donne pour chacun la consommation publiée, la capacité de lavage et celle de séchage. Ce sont ces trois valeurs ensemble qui rendent deux appareils comparables. La classe énergétique seule ne suffit pas.
Ce qu’un cycle coûte au tarif réglementé
Les prix ci-dessous sortent du barème du tarif réglementé de vente en option heures pleines / heures creuses, applicable au 1er août 2026 pour une puissance souscrite de 6 kVA : 0,2142 € TTC le kilowattheure en heures pleines, 0,1589 € en heures creuses. La consommation retenue est la médiane du parc relevé plus haut, 47 kWh pour 100 cycles de lavage, et 265 kWh pour 100 cycles complets.
| Lavage seul | Lavage puis séchage | |
|---|---|---|
| Consommation d’un cycle | 0,47 kWh | 2,65 kWh |
| Le cycle en heures pleines | 0,10 € | 0,57 € |
| Le cycle en heures creuses | 0,07 € | 0,42 € |
| 100 cycles en heures pleines | 10,07 € | 56,76 € |
| 100 cycles en heures creuses | 7,47 € | 42,11 € |
Un lavage seul revient à une dizaine de centimes. Le séchage qui le prolonge en ajoute quarante-sept. Un foyer qui lance un cycle complet par semaine consomme 138 kWh dans l’année sur ce seul appareil, soit 29,52 € en heures pleines.
Le séchage se paie deux fois
La capacité de séchage d’une lavante-séchante est inférieure à sa capacité de lavage, souvent de moitié : une machine qui lave 9 kg de coton n’en sèche que 5 ou 6. Une tambourée pleine ne passe donc pas entière au séchage. Il faut en sortir une partie, ou lancer deux séchages successifs.
Dans le second cas, la consommation affichée sur l’étiquette est dépassée avant que le linge soit sec. La fiche technique ne chiffre pas ce second séchage : il dépend de ce que vous mettez dans le tambour.
Le passage en heures creuses rapporte quinze euros pour cent cycles
Déplacer 100 cycles complets des heures pleines vers les heures creuses fait passer la facture de 56,76 € à 42,11 €. L’économie est de 14,65 €, pour cent lavages avec séchage, soit près de deux ans d’utilisation dans un foyer qui fait tourner sa machine une fois par semaine.
Sur le lavage seul, le calcul est plus modeste encore : 2,60 € pour cent cycles. Une lavante-séchante ne rentabilise pas à elle seule un abonnement en heures creuses. Le chauffe-eau et le chauffage électrique le font, eux, parce qu’ils pèsent des milliers de kilowattheures là où le linge en pèse quelques centaines.
Reste que ces 14,65 € ne coûtent rien à aller chercher quand la machine porte un bouton de départ différé. Encore faut-il choisir la bonne plage, et la réforme en cours vient de compliquer ce choix.
Un cycle complet ne tient pas dans la plage de l’après-midi
Les plages d’heures creuses changent de place depuis le 1er novembre 2025, et le mouvement se poursuit jusqu’à la fin de 2027. La règle des huit heures par jour ne bouge pas. Leur répartition, si.
La Commission de régulation de l’énergie a fixé deux bornes dans sa délibération sur le placement des heures creuses : cinq heures creuses consécutives au minimum au cœur de la nuit, donc trois heures au maximum l’après-midi, dans la fenêtre de 11 h à 17 h. 14,5 millions de foyers ont souscrit l’option heures pleines / heures creuses, et 11 millions verront leurs plages se déplacer, au moins en été. C’est le nouveau découpage des heures creuses qui s’applique, commune par commune.
Mettez ces trois heures en face d’un cycle complet. Lavage puis séchage, un programme coton descend rarement sous quatre heures et dépasse souvent six heures. La plage de l’après-midi ne peut donc pas le contenir. Seul le bloc nocturne de cinq heures le peut, et parfois tout juste.
Le départ différé programme un début, pas une fin
Le bouton de départ différé ne connaît qu’une chose : l’heure à laquelle le tambour se met à tourner. Il ignore l’heure à laquelle le cycle s’achève. Un programme lancé à 13 h sur une plage creuse de 12 h à 15 h bascule en heures pleines vers le milieu du séchage, c’est-à-dire pendant la phase la plus consommatrice des deux.
Avant de programmer, il faut donc rapprocher :
- la durée annoncée du programme complet, affichée par la machine avant le lancement ;
- l’heure de début et l’heure de fin de chaque plage creuse, indiquées sur votre facture ou dans l’espace client du fournisseur ;
- l’écart entre les deux, qui dit si le cycle tient en entier ou déborde.
Quand le compte n’y est pas, deux issues valent mieux qu’un débordement : lancer le lavage dans la plage de l’après-midi et le séchage la nuit, en deux programmes séparés, ou renoncer au séchage machine ce jour-là.
Questions sur la consommation d’une lavante-séchante
Une lavante-séchante consomme-t-elle plus que deux appareils séparés ?
Sur un cycle complet, elle consomme davantage qu’un lave-linge seul, et moins qu’un lave-linge suivi d’un sèche-linge à condensation classique. Face à un sèche-linge à pompe à chaleur, en revanche, elle perd : la pompe à chaleur divise à peu près par deux l’énergie du séchage.
La classe énergétique suffit-elle à choisir ?
Non, et l’écart à l’intérieur d’une même classe le montre : deux appareils classés pareil peuvent afficher 35 et 77 kWh pour 100 cycles de lavage. La classe range, elle ne mesure pas. C’est la valeur en kilowattheures qui départage.
Faut-il sortir du linge entre le lavage et le séchage ?
Oui, dès que la charge lavée dépasse la capacité de séchage inscrite sur l’étiquette. Un tambour trop rempli allonge le séchage, et un séchage qui s’allonge consomme davantage sans mieux sécher.
Les 265 kWh d’une fiche produit sont-ils un défaut de l’appareil ?
Non. C’est la colonne de gauche de l’étiquette, celle du cycle complet. La même machine affiche une valeur entre 35 et 77 kWh sur sa colonne de droite, celle du lavage seul.
Ce que vous pouvez retenir
Un lave-linge séchant coûte 0,10 € par lavage et 0,57 € par cycle complet en heures pleines, au barème du 1er août 2026. Le déplacement en heures creuses ramène le cycle complet à 0,42 €, soit une quinzaine d’euros pour cent cycles.
La durée décide davantage que le tarif : quatre à six heures de cycle contre trois heures de plage creuse l’après-midi, cinq heures au cœur de la nuit. Le séchage arrive en fin de programme, et c’est la phase la plus chère à laisser déborder en heures pleines.